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UN DIMANCHE 8 MAI À LIMOGES

Hésitations

Cité de la lecture d’un travail en cours par Eugène Durif, "Rater mieux" aurait pu être aussi le leitmotiv de notre excursion à Limoges, dimanche 8 mai.

Annoncé sur facebook pour 20h le soir, le spectacle a lieu à 17h (séance du dimanche, pour les petits, et encore, vu le spectacle/la performance...).

C’est-ce que j’apprends au téléphone vers 16 h.
Y aller quand même ou renoncer ? Même si la voix au téléphone dit de faire tout son possible pour retarder le début de la performance, cela ne semble guère jouable. Comptons le quart d’heure inévitable et quelques minutes en plus, la route doit être libre et les limitations de vitesses plutôt des approximations.

Finalement nous sommes partis, mais même si un petit espoir subsiste, il s’efface à peu près proportionnellement à l’éloignement du réseau de téléphone portable (impossible de joindre le théâtre). Les panneaux indiquent en plus que la distance ne diminue guère au fil des minutes qui passent. Donc exit la performance. Mais, trop loin déjà de Poitiers, nous poursuivons et réussissons même à trouver le théâtre Expression7 [1], caché dans une arrière-cour.

Arrivée

Arrivée 17h55. "Les portes sont fermées pendant le spectacle." Un petit test manuel confirme l’écart entre l’écriteau et la réalité, ouvrant la porte doucement, nous découvrant Eugène Durif dans "l’antichambre", derrière cette table qu’on voit ci-dessous éclairée par le soleil couchant :

Il nous fait signe d’approcher, nous entendons les dernières paroles proférées dans la salle derrière et des pas qui se dirigent vers la sortie, celle qui se trouve en face de nous. Une grosse tête de cochon apparaît d’abord, puis le corps de l’acteur derrière, en slip. Épuisé de sa performance, il enlève ses oreilles et tête de cochon et disparaît dans les loges. Impressionné par cette sortie, je n’ai fait aucun effort d’identification, donc je ne saurais pas dire qui était le cochon parmi le public, qui ressort plus tard pour s’installer dans le café dans l’attente de la lecture publique d’Eugène Durif.

Entracte

Dès notre arrivée, nous sommes accueillis ou bien comme les téméraires qui ont fait une centaine de km pour voir un spectacle, mais ont fini par le rater, ou bien comme les émissaires d’une autre planète, qu’il s’agit dans l’un comme dans l’autre cas récompenser pour leurs efforts. Pain et cochonnaille, qui sont placés sur les tables, faisaient de toute manière partie de la manifestation, on nous sert à boire et on s’installe le plus discrètement possible pour attendre la suite.

Non, ce n’est pas dans ce déguisement que Karelle Prugnaud introduit la lecture de Héroïne, travail commun en cours avec Eugène Durif. Mais ce fut tout aussi électrisant.

Lecture

Détaché, derrière son ordinateur noir, vêtu de noir, calmement, tel un poème en train de se faire il lit de son carnet de notes, que j’imagine défiler sur l’écran dont nous voyons le reflet dans son visage. Et puis ça s’arrête, comme ça a commencé, presque inaperçu.

Générique de fin

Mais la soirée est loin d’être finie. Après avoir bavardé un peu avec nous et dévoilé ses antécédents pictaviens, gravés dans le marbre de l’UPTV que voici :

Quand les grenouilles auront des ailes IMG/flv/Eugene_Durif.flv

il se lève pour tour à tour nous présenter des gens et les faire asseoir à notre table. Comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, nous trouvons toujours un sujet de conversation. Des auteurs à inviter, la susceptibilité d’untel, les envies d’un autre, arts et culture en général, les futures coopérations entre Limoges et Poitiers [2], et d’autres projets grandioses.

Et déjà sur le point de partir, nous faisons connaissance de "l’oncle Max" [3], qui nous raconte, tout à fait en accord avec la thématique de la soirée, plein d’histoires de bêtes, qu’on ne saurait guère trouver ailleurs, ni inventer. Pendant tout ce temps, Eugène Durif, reste calme et observateur, plaçant de temps à autre une remarque, à côté de sa compagne de route d’écriture et de scène, Karelle Prugnaud, peut-être parce qu’ils connaissent déjà par cœur toutes ces histoires et leur développement possible, ou simplement parce qu’ils sont bienveillants face à un ami de longue date. Comme nous d’ailleurs, mais un peu comme des intrus accueillis selon cette hospitalité qui commence tellement à faire défaut dans le pays de la déclaration des droits de l’homme.

"L’auteur d’ailleurs ici dans cette tentative ne serait que l’accompagnateur d’un trajet qui ne peut, plus ou moins, que lui échapper toujours." écrit Eugène Durif dans le dossier presse de l’Héroïne. Il nous a montré un peu ce soir ce qu’on pouvait entendre par là.

 

[1] d’après la numérologie le nombre 7 serait celui du mystère et du pouvoir d’analyse

[2] on pense déjà aux affres des mutualisations de cours

[3] Max Eyrolle, directeur du théâtre et de sa compagnie, peintre qui aime les dimanches de pluie

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"Rater mieux"
Publié le: 11 mai 2011
- Dans la rubrique: Chroniques
 
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