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Montage des textes de la soirée lectures

pour et avec Olivier Cadiot

22 mars 2011
au Café bleu

« Cadeau à Cadiot »

Fragments de Cadiot, Barthes, Nietzsche, Beckett, Proust...

... de gauche à droite [1] ou dans le désordre [2], comme vous le sentez [3]

OC

Un petit teckel s’arrête au beau milieu de l’espace ……….…
Comment il s’appelait ce nom de Dieu de Chinois, j’ai un de ces mal au cœur. [4]

ML / A-CP

On va déjeuner toutes les deux, les amis arrivent après, me dit-elle d’un air supérieur, c’est un public en fait, ils se comportent comme un vrai public ……..

Elle est contente la Gertrude, elle meurt de faim, c’est pas mauvais, hein les escalopes ? oh là là, I like escalopes, very-very much yes-yes indeed, hi-hi oh-oh, chanté, et c’est à qui ce petit chien-chien-là ? [5]

A-CG

Ce qu’il nous faut, c’est de l’eau… Je préfère les endroits où l’on a partout l’occasion d’en puiser dans des fontaines vives (Nice, Turin, Sils) : mon fidèle gobelet m’accompagne partout. In vino veritas : il semble que là encore je sois, sur la notion de vérité, en désaccord avec le monde entier : – chez moi, l’esprit plane au-dessus de l’eau… Quelques indications encore sur ma morale. Un repas copieux est plus facile à digérer qu’un repas trop léger. Il faut que l’estomac entre tout entier en activité : première condition d’une bonne digestion. Il faut connaître la taille de son estomac. Pour la même raison sont à déconseiller les interminables repas que j’appelle sacrifices coupés d’interruptions, ceux de la table d’hôte. Pas de collation entre les repas, pas de café : le café assombrit. Le thé ne convient que le matin. Peu, mais très fort : le thé est très nocif et indispose pour une journée quand il est trop faible, ne serait-ce que d’un degré. […] Rester le moins possible assis : ne prêter foi à aucune pensée qui ne soit pas née au grand air, pendant que l’on prend librement du mouvement – à aucune pensée dans laquelle les muscles ne soient eux aussi à la fête. Touts les préjugés viennent des entrailles. Être « cul-de-plomb », je l’ai déjà dit, voilà le péché contre l’esprit. [6]

ST / BF

Le lapin fluo, c’est tout le contraire de nos vaches classiques, il est entièrement neuf, poils et moustaches vert fluo, Green fluorescent, ça pourrait être un nom de rose. ……..

Après chasseur, il fera artiste dans la post-campagne, installateur de jardin avec réserve naturelle, ménagerie maison, observatoire à poissons enterré dans l’étang, télescope pour photographier les mouches à 3 km. [7]

FD-P

On est bien chez soi.

J’entre un œil par là. Comme ça. Hmmmm, les bons neurones du héros. Oh c’est la première fois que je vois à l’intérieur de moi en couleurs.
Pièce ronde. ………

Regardez. [8]

Séjour où des corps vont chercher chacun son dépeupleur. Assez vaste pour permettre de chercher en vain. Assez restreint pour que toute fuite soit vaine. C’est l’intérieur d’un cylindre surbaissé ayant cinquante mètres de pourtour et seize de haut pour l’harmonie. Lumière. Sa faiblesse. Son jaune. …..…. Tous se figent alors. Tout va peut-être finir. Au bout de quelques secondes tout reprend. [9]

BF

Au sortir de ce parc, la Vivonne redevient courante. Que de fois j’ai vu, j’ai désiré imiter quand je serais libre de vivre à ma guise, un rameur, qui, ayant lâché l’aviron, s’était couché à plat sur le dos, la tête en bas, au fond de sa barque, et la laissant flotter à la dérive, ne pouvant voir que le ciel qui filait lentement au-dessus de lui, portait sur son visage l’avant-goût du bonheur et de la paix. [10]

A-CG

Je fais la planche en regardant la voûte d’arbres au-dessus, œil-de-bœuf Amazone, on se laisse emporter dans le courant, 250 m3 par seconde, un radeau himain, ça descend à la même vitesse que les serpents, les araignées et les carpes. …

J’ai des idées en masse, le cerveau fait des ondes.

Je pense en nageant. [11]

BF

Nous nous asseyions entre les iris au bord de l’eau. Dans le ciel férié flânait longuement un nuage oisif. Par moments, oppressée par l’ennui, une carpe se dressait hors de l’eau dans une aspiration anxieuse. C’était l’heure du goûter. Avant de repartir nous restions longtemps à manger des fruits, du pain et du chocolat, sur l’herbe où parvenaient jusqu’à nous, horizontaux, affaiblis, mais denses et métalliques encore, des sons de la cloche de Saint-Hilaire qui ne s’étaient pas mélangés à l’air qu’ils traversaient depuis si longtemps, et côtelés par la palpitation successive de toutes leurs lignes sonores, vibraient en rasant les fleurs, à nos pieds. [12]

A-CG

Je vois les fleurs à mes pieds et ce sont les autres que je vois. Celles que nous foulions ensemble. Ce sont d’ailleurs les mêmes. [13]

ML

Le cerveau fait des ondes.

Plongeons dans les épaves.

Revenons à notre baigneuse.

Les images affluent au milieu des bulles.

Un voyant, ça nage.

Réfléchissons.

X in the river.

Quelle rivière ?

Où ? [14]

ST / BF

Pour la première fois, le lit est à sec.

Et là, pile en fouillant derrière les piquets, dans un trou du rocher, on trouve une hache.

Viking.

Là.

….

Est-ce que je peux avoir encore aujourd’hui de vraies expériences ?

Lire un manuel de chasse au daim.

Et aller chasser le daim.

Une expérience qui campe près d’une autre.

Je me tourne. [15]

A-CP

Je te présente ma cousine.

Il finit par y croire.

Le voilà en Grand Maître de l’Ordre, Mussolini à côté ressemble à un comptable.

Photos.

Pitié.

Si j’ai peur, c’est que je ne suis pas mage.

Brrr. [16]

BF

Elle m’a parlé.

Elle m’a dit quelque chose en dansant, au milieu du bruit, j’en suis sûr, on dirait qu’elle me parle, je suis sûr qu’elle m’a parlé.

c’est pour moi, je l’enlace, je la soulève, je la déplace, je la prends, je la porte, je respire l’air qui sort de sa bouche, je lui embrasse le ventre, ton ventre est une bouche, etc.

Elle me parle. [17]

ST

Regarde-moi dans les yeux.

(…)

Déshabille-toi, oui toi.

(…)

Enlève ça aussi.

….

Il y a un cheval.

(…)

Il neige.

(…)

Noir [18]

FD-P

Pfiouuuuufffff.

Prenons un moment de détente.

C’est comme ça que notre Friedrich attaque son livre, bille en tête. Prenons-en de la graine : Ich mache mir eine kleine Erleichterung, recopions. En voilà une expression.

Vous me direz, Friedrich lui-même dit qu’il a une maladie : voir le langage. [19]

A-CG

J’ai une maladie : je vois le langage. Ce que je devrais simplement écouter, une drôle de pulsion, perverse en ce que le désir s’y trompe d’objet, me le révèle comme une « vision », analogue (toutes proportions gardées !) à celle que Scipion eut en songe des sphères musicales du monde. À la scène primitive, où j’écoute sans voir, succède une scène perverse, où j’imagine voir ce que j’écoute. L’écoute dérive en scopie : du langage, je me sens visionnaire et voyeur.

Selon une première vision, l’imaginaire est simple : c’est le discours de l’autre en tant que je le vois (je l’entoure de guillemets). Puis, je retourne la scopie sur moi : je vois mon langage en tant qu’il est vu : je le vois tout nu (sans guillemets) : c’est le temps honteux, douloureux, de l’imaginaire. Une troisième vision se profile alors : celle des langages infiniment échelonnés, des parenthèses, jamais fermées : vision utopique en ce qu’elle suppose un lecteur mobile, pluriel, qui met et enlève les guillemets d’une façon preste : qui se met à écrire avec moi. [20]

FD-P

En tout cas, quelle santé ce type !

Faisons comme lui, guérissons-nous. [21]

ST / ML

Jardin phosphorescent ?

Zone verte, sport fluo, terrain de sport ? Un terrain de sport convertible entouré de grillage, avec des marques en typographie molle, blanc sur rouge imprimé sur des toiles, sport ? ….

Elle avance à toute vitesse dans le couloir en faisant de brusques sauts de carpe, claquant ses talons en l’air, ruades ultrarapides.

École de Vienne ? [22]

BF

On se souvient pour l’éternité de certaines personnes à cause d’un infime conseil. À chaque fois que je me fais un café, s’il est soluble, je pense à mon frère qui disait chaque matin d’un ton grave de ne verser qu’une seule cuillère, même si la tasse était grande.

… comme ces croix sur les talus des routes à la mémoire de X Renversé ici, que l’on salue chaque jour dans le même tournant près de chez soi. [23]

OC

Je ne veux me réincarner en personne et réincarner personne.
On est libre quand même.

D’ailleurs ils vont publier ma lettre de refus dans un vrai catalogue d’artiste.
Je n’ai pas le temps d’écrire. [24]

Coupes et lectures de :

Marion Lévêque (ML)

Franck Dolif-Perros (FD-P)

Anne-Cécile Priet (A-CP)

Solène Target (ST)

Anne-Cécile Guilbard (A-CG)

Bertrand Farge (BF)

et Olivier Cadiot (OC) qu’on remercie vivement

NB : Se reporter aux notes infra-paginales pour les références du texte complet des fragments choisis (Respect du droit d’auteur ! Olivier Cadiot est publié chez P.O.L, Retour définitif est paru en folio…)

 

[1] chronologie des lectures

[2] petite fantaisie du metteur en page

[3] s’évader par les liens

[4] Cadiot, Retour définitif et durable de l’être aimé, p.60-61

[5] Cadiot, Fairy Queen, p.41-43

[6] Nietzsche, Ecce Homo – Pourquoi je suis si avisé, p.114-115

[7] Cadiot, Retour définitif et durable de l’être aimé, p.18-20

[8] Cadiot, Un Mage en été, p.21-22

[9] Beckett, Le Dépeupleur , (incipit)

[10] Proust, A la recherche du temps perdu

[11] Cadiot, Un Mage en été, p.44

[12] Proust, A la recherche du temps perdu

[13] Beckett, Assez

[14] Cadiot, Un Mage en été, p.45

[15] Cadiot, Un Mage en été, p.148-149

[16] Cadiot, Un Mage en été, p.90-91

[17] Cadiot, Retour définitif et durable de l’être aimé, p.51-52

[18] Cadiot, Retour définitif et durable de l’être aimé, p. 180-181

[19] Cadiot, Un Mage en été, p.53-54

[20] Barthes, « Je vois le langage » (in Roland Barthes)

[21] Cadiot, Un Mage en été, p.54

[22] Cadiot, Fairy Queen, p. 29-31

[23] Cadiot, Un Mage en été, p.142

[24] Cadiot, Un Mage en été, p.94-95

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Olivier Cadiot, mise en espace
Publié le: 1er avril 2011
- Dans la rubrique: Chroniques
 
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