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Du blocus à l’espace

Proposer une lecture publique de poésie à 18h, en plus pendant un moment fort de la mobilisation contre la réforme des retraites - la manif vient de se terminer à quelques pas du lieu choisi, l’UFR des lettres et des langues, dont l’association culturelle organisait pendant cette semaine les rencontres "Bruits de langues", venait d’être bloquée depuis midi sur la décision d’une AG -, c’était pour le moins risqué, si ce ne l’est pas toujours, la littérature en général et la poésie en particulier.

"Dichten" [1] , condenser comme le dit le terme allemand, n’est pas seulement valable pour l’écriture poétique, mais aussi pour le public, dont on condense le nombre et l’attention.

En faisant les cent pas dans le hall de l’espace Mendès-France à Poitiers, nous finissons par être une petite dizaine, public très composite, et décidons que la lecture aura lieu. Suit une courte introduction maladroite de ma part, à qui s’adresser dans la ronde, aux quelques collègues, au retraité cayennais de passage, aux deux jeunes, à la dame, qu’apriori on n’attend pas là ? Et à Claude de démarrer sa lecture. Entre Brûleurs, ici la rose, ici il faut danser et ne pas toucher les filles, nous traversions l’univers "rideau avec difficulté, sans clé" [2] de Claude Favre, lectures et écoutes intenses.

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Ces papiers jetés par terre au fur et à mesure de la lecture, cela rappelle au retraité une installation de Rebecca Horn, qu’il a vu cet été au Brésil, début de son périple : titre programmatique - Rebelião em Silêncio. La jeune étudiante en commerce, étant venue pour trouver un éditeur de ses travaux, pose une question sur le processus d’écriture. La dame, qui a été mise au courant de la lecture par sa cousine, étudiante dans notre UFR, dit tout le bien sur la poésie, en particulier sur le moment qu’elle vient de passer. De fil en aiguille, on se dit que ce serait bête de s’arrêter là.

De l’espace au comptoir

Voici la table, autour de laquelle nous nous étions retrouvés pour la suite de la soirée.

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Rencontre augmentée dans un certain sens : parler poésie et puis de plein d’autres choses autour d’un verre et les bonnes tartines d’Elina. Assez glosé, juste une envie de partager ce moment, de se le remémorer et peut-être de l’archiver en quelque sorte. En bref tout ce qu’il ne fallait pas faire.

 

[1] Voir la bel ouvrage collectif de 1978 Wozu Dichter in dürftiger Zeit ? -À quoi bon des poètes en un temps de manque ? - Why poets in a hollow age ?, qui regroupe des réponses à la question-titre par des personnes comme Samuel Beckett, Allen Ginsberg, Bernard Heidsieck, Philippe Sollers, Christian Prigent... (près de 150 réponses), très probablement indisponible en dehors des bibliothèques, vides-grenier, bouquinistes

[2] D’ici là N°5, p.74

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De la poésie au comptoir
Publié le: 15 décembre 2010
- Dans la rubrique: Chroniques
 
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