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Où : TAP

Quand : 5 avril 2016

Par qui : Tino Sehgal

Avec qui : Frank Willens et Boris Charmatz

Et finalement, les rédactions de l’Atelier Critique réalisées pour cette performance :


(sans titre) (2000) : L’apprentissage du corps

Ils sont deux. Deux interprètes contemporains de haut vol. Chacun son tour, Frank Willens et Boris Charmatz interprètent une variation tirée de l’histoire de la danse du XXe siècle. La même, mais chacun à sa façon. Leurs techniques, leurs styles, leurs visions du monde se juxtaposent, diffèrent et se recoupent.

Les tremblements font foi d’un corps incontrôlé, qu’il faut réapprendre, redécouvrir. On revient à cette forme animale, qui nous définit de nature. On évoque la naissance du corps, ce fœtus qui doit apprendre les gestes alors que nous les avons acquis. Que nous n’osons pas les remettre en cause. Tandis que leur fabrication ne nous définit en rien.

La marche devient l’un des éléments fondamentaux. Celle qui montre qui nous sommes. La première facette que l’on aperçoit de la morphologie dans son intégralité. Et en se redécouvrant, en prenant conscience de ce corps qui devient facilement étranger, c’est toute une appréciation de soi qui se met en place. Allant du visage aux parties génitales. En passant par les muscles, la peau, la voix. La nudité devient nécessité pour comprendre cette redécouverte, cette appréciation.

Sans masque, sans décor, sans vêtements, sans effets de lumière. C’est le nu de tous les éléments. Ces danseurs jouent avec le public, autant par les regards que les mots. L’un est plus lent, prenant le temps de nous plonger dans cette partition jouée par le corps. L’autre est plus rapide, plus excessif, plus provocateur.

On retiendra du dialogue engagé avec les spectateurs certaines questions ouvertes. Comme cette volonté de ne pas s’obliger à faire quelque chose de parfait. Simplement danser une personnalité. Parce que faire seulement ce à quoi on est bon, n’est-ce pas s’enfermer dans son narcissisme ? Se fermer aux découvertes qui pourraient nous découvrir ?

Gwendoline MAROT, M1 Livres et Médiations


Sans titre mais avec corps

C’est toujours une surprise de découvrir un homme nu sur scène, surtout de manière aussi subite que le passage du noir complet à l’éclairage limpide du théâtre entier (salle comprise). Chacun leur tour, Frank Willens et Boris Charmatz se tiennent sur le bord de la scène dans une solitude épurée de toute musique. Avec un jeu qui leur est propre, ils vont gambader, rouler, sauter, tourner de long en large sur la scène. Très vite on sent dans l’enchaînement chorégraphique des clins d’œil à des positions emblématiques ou pour le moins référentielles.

L’échange avec le public est quasi-immédiat et l’humour qui transparaît à travers les gestuelles parfois caricaturales nourrit cette interaction. Bien entendu, si deux danseurs interprètent l’un après l’autre cette même rétrospective de la danse du XXe siècle dans une précision impressionnante, on ne peut passer à côté de la comparaison.

Ces artistes ont des démarches complètement différentes : Franck Willens adopte une attitude plaisante pour son public et joue délibérément avec le comique de ses caricatures. Les poses sont plus marquées et l’échange oral avec l’assistance est teinté de jovialité. Boris Charmatz, lui, préfère un enchaînement plus rapide, comme s’il cherchait à aller à l’essentiel. Sa respiration forte et sans retenue lui donne un air plus naturel qui dévoile avec une certaine délicatesse les jeux de l’interprétation.

Les danseurs évoquent dans leur langue et dans leur danse les enjeux de cet art aux multiples formes. Les artistes offrent au public leurs parcours différents, leurs rapports à la scène, la manière qu’ils ont de faire parler leur propre corps.

Par leurs performances respectives, cette dimension matérielle du corps fait découvrir le contrôle qu’on veut lui imposer, ses limites, son entretien, ses changements et ses souffrances liées à la danse. C’est comme ça que la nudité gagne en valeur dans la nécessité de dévoiler l’articulation du corps, qui a son propre langage.

Sarah DABIN, M1 Livres et Médiations

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(sans titre) (2000)
Publié le: 7 avril 2016
- Dans la rubrique: Chroniques
 
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