AutoViewer requires JavaScript and the Flash Player. Get Flash.
Démarrez ou arrêtez le défilé et accédez directement aux articles

Où : TAP

Quand : 5 avril

Par qui : Jean-Luc Verna

Avec qui : les étudiants du Conservatoire à Rayonnement Régional de Poitiers, de l’Université de Poitiers et de l’Ecole Européenne Supérieure de l’Image

Vous pouvez maintenant lire les productions de l’Atelier Critique autour de ce spectacle !


Alors Carcasse en éprouvant le lâcher-prise

On effectuait une expérience du lâcher-prise, sur le plateau B du TAP ce mardi 5 Avril, avec la représentation d’ Alors Carcasse de Jean-Luc Verna sur un texte de Mariette Navarro. Le spectacle s’ouvre sur un amoncellement de corps immobiles et entremêlés, quasi cadavériques, que vient manipuler un seul personnage, peut-être Carcasse, l’air bestial et imprévisible.

Pendant une demi-heure se construisent des images fugaces et poignantes, dans lesquelles les corps sont tantôt éteints ou ressuscités. Des corps qui ne se font pas une règle de la maîtrise, et d’où s’exhale une sensibilité ambigüe. D’autre part, un jeune homme, seul, sombre, évolue sur la scène en démêlant ces corps, avec une rigueur et une assurance qui font de lui une figure inquiétante, intrigante.

Cette impression est amplifiée par les jeux de lumière et de son, qui sollicitent sans arrêt les sens du public. Ce cheminement sensoriel, de plus en plus vif, est porté par une voix étrangère, qui nous guide dans l’intériorité de Carcasse, nous poussant à partager l’intime d’un personnage inconnu.

Alors Carcasse œuvre dans l’émotion viscérale. Cela à l’image du personnage principal, face au public, visage découvert, bravant la lumière et le son tout en dégageant l’émotion brute d’un bouillonnement intérieur visiblement incontrôlable. Ce spectacle convoque l’inconscient dans ce qu’il a d’irrépressible, provoquant alors une réflexion profonde sur la maîtrise de soi.

Alice ROYOUX, L2 Lettres et Cultures Contemporaines


Le corps prison d’Alors Carcasse

Quand le public s’installe sur les gradins de la petite salle, un amas de corps entremêlés est déjà présent sur le sol. Un silence de plus en plus tendu accompagne le travail méthodique et morbide d’un inconnu ganté, camouflé par une capuche. Il évoque un serial killer qui déplacent les corps de ses victimes, en silence pour les faire disparaître de l’espace scénique.

Progressivement une lecture à deux voix et crescendo, calme presque douce, parle du Carcasse du titre, avec minutie. Par des effets sonores et visuels on atteint l’acmé du processus où le personnage se découvre et indifférent à tout, se plante au centre de l’espace. Et le point de rupture est près d’être atteint quand les morts se relèvent, et plus tard en procession lente reprennent leur position initiale sur le sol.

Cette mise en scène frappe notre imaginaire. Le spectateur expérimente les sensations physiques du mal-être que laissent entendre le texte de Mariette Navarro. Des éclairages alternés, puis une lumière aveuglante obligent à fermer les yeux, à baisser la tête. Une musique d’ambiance de plus en plus forte avec des effets d’écho, de crissements qui devient insupportable est comme une vague qui emporte le sens des mots. Le son, le bruit qui emplit l’espace et vibre dans nos corps devient presque une composante de ce personnage central impénétrable. Est-ce un bruit incessant dans la tête du personnage ? Le bruit du monde déformé par sa perception ? Restent ces sensations car la pièce tiraille et met à mal son spectateur.

Devant un travail troublant de la mise en scène pour produire un sentiment entre le malaise et la fascination, le spectateur subit une immersion à la limite du désagréable. Marquant, par les effets proposés par les étudiants qui ont interprétés ce spectacle avec une maîtrise impressionnante de leur corps : passifs, traînés par Carcasse ou habité une force sur le point de lui échapper. La pièce souligne par cette représentation la force et la singularité d’un texte déroutant.

Noémie COULON, M1 Livres et Médiations

Accueil Accueil
Alors Carcasse
Publié le: 7 avril 2016
- Dans la rubrique: Chroniques
 
Recherchez
 

 

 
 
 
Visites :

55

Licence Creative Commons. | Fait avec SPIP et Globenews | Administration | Webmestre | RSS RSS

iconAssociation cultureLLe | UFR Lettres et Langues | 1, rue Raymond Cantel | 86073 Poitiers CEDEX 9