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Où : TAP

Quand : 4 avril 2016

Par qui : Laurent Chétouane

Avec qui : Solistenensemble Kaleidoskop

Vous pouvez maintenant lire leurs critiques tirées des échanges de l’Atelier Critique :

BACH | PASSION | JOHANNES La douce déconstruction

Pour une durée de plus de deux heures, les douze danseurs et musiciens de BACH | PASSION | JOHANNES nous plongent dans l’univers biblique de la Passion du Christ. Laurent Chétouane s’empare de l’œuvre imposante du compositeur allemand, la déconstruit, la revisite.

La récitante qui narre l’histoire dramatique de la mise à mort de Jésus n’est pas une chanteuse lyrique. Les chants restent sobres, modestes. Autour d’elle, les rôles sont interchangeables. Les musiciens ne se contentent pas de jouer de leurs instruments, ils se déplacent, s’entremêlent ; parfois les danseurs prennent leurs places, le tout avec une grande fluidité des circulations.

Chez Chétouane, tout l’espace est exploité. Les douze personnages utilisent la périphérie de la scène, nous font directement face, mais aussi bien tournent le dos au public. Les mouvements des danseurs sont eux aussi d’une grande variété. Sans doute inspirés par le classique, ils tournent, étendent leur bras comme pour représenter les lamentations du Christ. Quelquefois, paraissant moins maîtrisés, leurs gestes étonnent.

Toute cette pièce prend la forme d’une immense recherche presque scientifique sur le corps, la musique et la relation que les deux entretiennent. Laurent Chétouane y fait l’éloge du profane, dépouille La Passion, la musique et la danse classique d’une tradition de surcharge et de sacralisations redondante. Le metteur en scène boulerverse tellement nos habitudes qu’on se retrouve surpris par la diversité des sentiments que l’on éprouve devant la pièce.

BACH | PASSION | JOHANNES est une création subversive mais où la révolution se fait dans la construction d’une communauté, dans la douceur et dans la bienveillance.

Mylène GUINVARC’H, L2 Lettres et Cultures Contemporaines


La passion selon St-Jean dans le secret et l’inconnu

Avant même la première note, des regards émane une atmosphère complice, une douceur dans les relations, comme une attention à l’autre. Il y a là une communauté en mouvement, qui se touche et s’accompagne, continuellement. Dix danseurs et musiciens prennent le temps pour traverser ensemble la relecture de La Passion selon Saint Jean, de Bach, conduite par le chorégraphe Laurent Chétouane. Dans cet espace ouvert, les corps s’approchent et se lient. Si chacun, par son ressenti personnel, choisit sa propre circulation au sein de la composition, une harmonie se crée.

La qualité du son y est essentielle. Ici, des instants contemplatifs où le flottement est révélateur des émotions, comme un écho des passages chantés ou en musique, pour souligner ceux-ci ou permettre la respiration. Là, des chœurs plus vifs où chaque musicien ajoutant sa voix à l’ensemble, complète cette pièce complexe. La transcription pour sept musiciens chantant entremêle avec délicatesse les lignes mélodiques reprises par des parties instrumentales. La sobriété et l’ imperfection des voix, sans lyrisme excessif, donnent une expressivité touchante et une sensation d’humanité à cette pièce sacrée.

Les lignes chorégraphiques développées par quatre danseurs avec une fluidité continue et relâchée, apportent soit de l’étrangeté pour donner la juste dose d’émotions sans tomber dans le pathos, soit un accompagnement des autres interprètes, comme une ornementation légère. Comme des électrons libérés dans cet espace ouvert, affranchis de toute frontière circulant dans une grâce simple, ces danseurs donnent une dimension plus mystérieuse et aérienne.
Pièce généralement perçue comme foisonnante et massive, La Passion acquiert grâce à cette relecture ciselée, une force émotionnelle et une grâce qui touche au cœur et bouge quelque chose en nous de secret et d’inconnu.

Noémie COULON, M1 Livres et Médiations

La Passion des artistes

« Il ne s’agit pas d’occuper l’espace, mais de se préoccuper de l’espace ». Cette citation utilisée par Laurent Chétouane lors de sa rencontre le 4 avril dernier, donne une idée de sa mise en scène de l’œuvre de Bach, La Passion selon Saint-Jean, dont il s’inspire ici et fait jouer en intégrant son récit religieux original.

Les cinq danseurs et sept musiciens se répartissent sur la scène et, au fil de la pièce, utilisent le moindre recoin d’espace disponible. Ni rideaux de fond, ni rideaux de coulisses ne sont d’ailleurs utilisés, le théâtre est à nu, laissant les artistes sauter, courir, déambuler.
Si le groupe se rassemble parfois sur un point de scène et laisse l’un des leurs un peu en retrait, tout continue de baigner cependant dans une vraie complicité. Celle-ci se perçoit à travers les regards qui s’échangent, très présents. Des sourires, des gestes viennent s’y ajouter pour marquer l’attention que se portent les uns aux autres.

Le contact des corps est calme et bien que des moments d’énergie se ressentent, la danse et la musique interprétées laissent un sentiment d’apaisement dans son ensemble.

Tiphaine CARRERE, L2 Lettres et Cultures Contemporaines

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Publié le: 7 avril 2016
- Dans la rubrique: Chroniques
 
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