AutoViewer requires JavaScript and the Flash Player. Get Flash.
Démarrez ou arrêtez le défilé et accédez directement aux articles

Où : TAP

Quand : 31 mars et 1er avril 2016

Par qui : Ana Borralho & João Galante

Avec qui : cent participants poitevins

Voici les articles créés au cours de l’Atelier Critique du festival, bonne lecture !

Spontanéité sociale d’Atlas Poitiers

Jeudi 31 Mars avait lieu l’ouverture du festival A Corps avec la représentation d’Atlas, dans la salle du TAP. Dirigés par Ana Borralho et João Galante, une centaine de comédiens d’un soir nous ont offert une prestation unique, puissante et inhabituelle.

Tantôt groupe soudé, tantôt multitude hétérogène, les atlassiens nous interrogent sur la place que laisse notre société à l’expression de l’individualité. En apparaissant un par un sur la scène, chaque acteur se prête au jeu des présentations avec le public, se contentant de décliner son statut et d’ajouter, parfois, un mot sur ses valeurs morales et/ou politiques.

Peu de texte donc, mais une présence remarquable. C’est là toute la force du travail des metteurs en scène, qui ont su orchestrer et guider sans prendre le pas sur la spontanéité de chacun. Car c’est bien cela qui frappe le spectateur, le caractère indubitablement spontané de ce qui lui est proposé.

Si l’évolution du spectacle suit une trame finement étudiée, rythmée et chorégraphiée, les comédiens d’Atlas deviennent peut-être « plus » que des performeurs : ce sont bel et bien des individus que nous donne à voir cette pièce, dans toute leur singularité. Avec leur démarche et leur aisance propre, les acteurs ne sont plus des personnages mais des personnes, auxquelles le public peut aisément s’identifier. Cette complexité du rapport entre spectacle et réalité, artifice et naturel, créé de fait une relation tout à fait particulière entre les comédiens et les spectateurs, qui met les uns et les autres sur le même plan, bousculant la conception classique de la représentation.

Atlas est donc un spectacle complètement vivant, dans lequel se mêlent masse et détail, vrai et faux, légèreté et profondeur. A l’heure actuelle de la productivité et de l’impersonnel qui banalisent et modélisent les êtres, cette pièce sublime la réalité d’une mixité sociale que l’on ne remarque plus assez.

Alice ROYOUX, L2 Lettres et Cultures Contemporaines

Atlas Poitiers désacralise le spectacle

Sur la scène, les cultures et les rangs sociaux se croisent et se décroisent. Dans la salle aussi. Les 100 volontaires pictaviens arrivent un par un, se présentant de quelques mots ou de plusieurs phrases. Mais toujours sur la même forme, reprenant la comptine pour enfants qui dit que « Si un éléphant dérange beaucoup de gens, deux en dérangent encore plus... ». Leur déclaration est ensuite reprise par le chœur, par la voix de la communauté et de la solidarité.

Ils nous livrent leur statut social, parfois si banal qu’on oublie qu’il peut, effectivement, perturber. Ils nous montrent leur personnalité, leur particularité, autant par leurs paroles que par leurs actes. Certains nous font rire. Certains nous étonnent de par leur vérité. C’est la diversité qui est prônée et qui fait qu’on les comprend. On s’identifie ou on consent. Que l’on parle du don d’organes ou des réfugiés syriens. Des goûts musicaux jusqu’aux opinons politiques. Et notre quotidien, qu’on croit insignifiant, prend soudain une autre ampleur tandis que sa personnalisation se tient devant nous, nous parle fièrement, avec pudeur ou dans sa simplicité la plus authentique.

Ils nous touchent. Ils sont nous. Alors les applaudissements fusent. Ils suivent une prestation de danse ou de chant. Une militante pour le droit du travail ou un réfugié d’Afghanistan. Et les silences sont révélateurs d’un choc émotionnel, d’une compréhension accentuée de notre société partiellement représentée. Sur le plateau comme dans les sièges.

Atlas Poitiers travaille à la désacralisation du spectacle sous sa forme la plus émouvante. Parce que ces histoires de vies sont aussi les nôtres. Parce qu’ils nous parlent, nous défient ou nous demandent simplement notre avis. Que nos rires, nos applaudissements, nos silences sont, eux aussi, significatifs de la civilisation qu’est la nôtre. Et que nous devenons une partie du spectacle, sans nous en rendre compte, dès le moment où l’on se demande : « Et nous, en quoi dérangeons-nous ? ».

Gwendoline MAROT, M1 Livres et Médiations

Atlas : le labyrinthe humain de la société

Le Festival A Corps s’est ouvert jeudi sur le spectacle de Ana Borralho et João Galante, Atlas, dans un mélange subtil de réalité et d’étonnement.

Un spectacle unique mettant en scène par le biais d’une centaine de pictaviens et pictaviennes la diversité culturelle et sociale de notre ville.

La succession de ces cent êtres corporels vient en effet susciter l’intérêt du spectateur d’une manière parfaitement singulière. Le spectateur ne peut être préparé aux moyens inattendus qu’ont employés les metteurs en scène pour dessiner la carte humaine de Poitiers.

L’étonnement ne quitte pas d’une seconde le spectateur, tandis que défilent ces cents personnes auquel il peut facilement s’identifier. Cet effet de surprise réside sans doute dans l’idée originale de faire de la vie quotidienne un spectacle, en demandant à des volontaires de monter sur scène pour jouer un rôle qui n’est autre que celui d’eux-mêmes.

Les mots et gestes choisis semblent refléter les différentes personnalités de ces êtres, faisant ainsi ressortir leur individualité, alors même que pour s’annoncer ils réitèrent systématiquement une tournure de phrase type, qui les lie collectivement.

La conception du spectacle instaure une proximité peu commune entre acteurs et spectateurs. Le banal devient alors spectaculaire, mais si cette prestation est aussi incroyable c’est parce qu’elle repose sur quelque chose d’ordinaire.

Ainsi ce spectacle paradoxal soulève des questions politiques de manière vertigineusement habile, on est alors amené à se demander quelles sont les implications réelles de faire directement du statut quotidien de chacun l’objet du spectacle. Les émotions se mélangent, nous baladent et nous emportent avec elles à travers cette œuvre colossale, nous poussant à applaudir et rire certes, mais attention, pas nécessairement en rythme avec le voisin.

Lara READ, L2 Lettres et Cultures Contemporaines

Ode à la diversité

Une ode à la diversité a ouvert ce vendredi 31 mars le Festival à Corps. Dans le spectacle Atlas se sont réunis cent Pictaviens dans le but de parler d’eux autour de la même phrase pour chaque individu. La richesse de ce spectacle réside trouve dans une dédiabolisation des stéréotypes par une société qui relate ses lubies pour l’art, l’écologie, la sociologie, le militantisme… Mais également des informations plus ou moins personnelles : pendant que certains cherchent l’amour, d’autres assument fièrement leurs cheveux blancs.

Tous revendiquent la volonté de montrer une partie de la société actuelle dans laquelle nous vivons : des étudiants syndiqués, des personnes âgées bénévoles à la prison de Vivonne… Sur scène, se joue une désacralisation des acteurs puisqu’ils jouent leur propre rôle. Le lien entre le public et ces derniers est intense grâce à la position qu’ils adoptent : les acteurs sont face à leur public et jouent de leurs sentiments, leur humour, leurs passions.

Malgré le nombre considérable de cet essaim de personnes, une unité s’est formée sur la scène, elle se caractérise à travers leur synchronisation, leur voix qui se mêlent… Des applaudissements retentissent lors des prises de paroles concernant les actualités tels que les manifestations autour de la loi El Khomri mais aussi lorsque les acteurs/citoyens revendiquaient leur statut social. Ce spectacle fait reflet d’une partie de la société par la société elle-même.

Milena ALVAREZ, L2 Lettres et Cultures Contemporaines

Retrouvez la suite ICI...

Accueil Accueil
Atlas Poitiers - 1
Publié le: 4 avril 2016
- Dans la rubrique: Chroniques
 
Recherchez
 

 

 
 
 
Visites :

40

Licence Creative Commons. | Fait avec SPIP et Globenews | Administration | Webmestre | RSS RSS

iconAssociation cultureLLe | UFR Lettres et Langues | 1, rue Raymond Cantel | 86073 Poitiers CEDEX 9