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Des photos, détournant un profile, circulent sur facebook, où on peut voir derrière un cacique de l’UMP un garçon dans l’attitude des gros durs de la banlieue, se moquant juste un petit peu des inepties dans la bouche de ces affabulateurs qu’on aimerait bien voir disparaître à la prochaine échéance. Et il porte le nom "vangeur" [1].
Aujourd’hui on avait au contraire l’impression d’un retour de bâton, le gros voulant écraser le petit. Gallimard, mastodonte du livre, qui n’est peut-être plus qu’un "ensemble de bureaux dans lequel on s’acharne à remplir des chiffres à cotés de grands noms dans un tableau excel", comme s’interroge Pier-Alexis Vial sur dans une lettre ouverte à François Bon, a sorti la grosse artillerie pour s’attaquer à une toute petite structure d’édition numérique pour la seule raison que son fondateur-auteur-éditeur ait dépoussiéré la traduction de Hemingway Le vieil homme et la mer, qui date de 1954. [2].
En ne s’adressant même pas à l’auteur/éditeur mais à ses diffuseurs, Gallimard réclame des dédommagements pour contrefaçon et "la vente de 22 exemplaires", par quoi François Bon commence son compte rendu de l’affaire. Les soutiens n’arrêtent pas de pleuvoir sur twitter et facebook et chez les blogueurs littéraires jusqu’à la pétition de Laurent Margentin, l’indignation est à son comble face à cette réaction purement comptable d’une maison [3], qui se veut un grand défenseur du livre et de son édition.
Dans cette bagarre absurde, dont Gallimard tient le secret depuis sa fameuse réaction à la mise en ligne de l’œuvre de Camus et d’Eluard au Canada [4], où ceux-ci, comme Hemingway désormais, sont tombés dans le domaine publique, on ne peut que s’interroger comme Hubert Guillaud :

"La durée d’un brevet, c’est-à-dire d’un titre de propriété industriel, en moyenne, n’est que de 20 ans. Comment peut-il être plus long pour l’art et la création ? De mon vivant, aurais-je le droit de lire une autre traduction de l’oeuvre d’Hemingway que celle de Jean Dutourd ?"

Il faut vraiment avec Guillaud "(re)poser la question du droit", et d’un droit d’auteur qui est devenu depuis longtemps le droit des ayants-droits et de leurs comptables. Qu’est-ce qu’un héritier contribue à ce qu’il hérite : pas grand chose, et c’est beaucoup dire. Et depuis quelques années déjà on voit s’enchaîner, comme un lent étranglement de la création, les lois protectrices de "l’ordre Gallimard" [5] de la propriété, ACTA étant la dernière et la plus insidieuse en date.
Mais il faut aussi poser la question de la défense du texte, du livre, de l’auteur. "On se demande surtout pourquoi Gallimard, qui semble porter un amour si profond à ce texte, n’a jamais songé à le refaire traduire…", c’est comme cela que Claro termine son Gallimard l’a amer. Où se trouve cette défense, si ce n’est pas de faire vivre les textes dans leur langue originale comme dans leurs traductions, qui évoluent dans le temps [6]. Dans ce sens-là et malgré ses déclarations solennelles [7], Gallimard a encore une fois raté le coche.

 

[1] cherchez Vangeur Soisente Kinz

[2] trad. Jean Dutourd, Gallimard ne s’est jusque là que peu inquiété de la qualité de cette traduction, encore moins pour une édition numérique, dont la maison se vante de détenir les droits

[3] et encore, 22 exemplaires dans l’océan de leurs ventes - il paraît que Gallimard renonce à la fin, mais le mal est fait, la suite est une série de galipettes

[4] "Les auteurs français appartiennent aux Français", dixit Gallimard

[5] Gallimard est ici représentatif pour d’autres de ses global players de l’industrie culturelle

[6] on entend crier, mais ce sont les "propriétaires" qui décident de cela, et pas le premier venu que décide de sortir une nouvelle traduction, et - sous-entendu - a envie de se faire un peu de sous, du vol évidemment. Il fut un temps où on disait que la propriété c’est du vol, l’une comme l’autre revendications aux extrémité d’un spectre qui laisse quand même énormément de marge. Lisez à ce sujet, y compris les commentaire l’article d’André Gunthert sur son blog médiapart

[7] "Affaire #Hemingway. Les éditeurs sont tenus de faire respecter le droit des auteurs. Et "Le Vieil Homme et la mer" est toujours sous droits (en France comme aux Etats-Unis), n’en déplaise à François Bon. Par ailleurs Gallimard n’a rien contre Publie.net et ne lui a pas demandé de dédommagements. Sans compter que la maison Gallimard aurait été heureuse de prendre connaissance de la traduction de François Bon pour lui proposer une publication... Une nouvelle traduction de "Paris est une fête" n’a t-elle pas été édité récemment ? Une nouvelle traduction de "Gatsby le magnifique" en Folio, plusieurs nouvelles traductions de Hammett, une nouvelle traduction de "Ulysse"..." sur sa page facebook

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Et Hemingway était mort #definitively
Publié le: 18 février 2012
- Dans la rubrique: Chroniques
 
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