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Jacques Réda

Je peux vous dire sans vanité que je ne crains plus personne.

Lester m’a ravi l’air, peut-être, il va s’évaporer, mais la force qui veut que l’air s’ébranle, la pneumatique consonne, où l’âme du souffle prend corps, c’est moi qui la prononce.

J’aurai déblayé d’un seul coup l’espace : eh bien qu’ils l’envahissent, abattant de proche en proche un mur fantôme à l’horizon ; c’est leur tour ; je reste large de coffre et du crâne ; je me hisse moi-même depuis longtemps au-dessus de la vieille conjugaison.

Car nulle part je n’habite et rien ne m’attache et m’habitue : il n’y a pas d’autre mouvement que l’entrée dans les remous du départ.

« Lettre de Coleman Hawkins à Thelonious Monk », 17 février 1944. (poème), in : Jacques Réda, L’improviste, une lecture du jazz, coll. Le Chemin, 1980 (reprise folio essais 1990).


Directeur de La Nouvelle Revue Française de 1987 à 1996, Jacques Réda poursuit également l’oeuvre de son ami Georges Lambrichs à la tête de la collection "Le Chemin", chez Gallimard. La grande époque des revues littéraires est alors passée, mais la direction de Réda, libre, intègre, généreuse et attentive dans l’accompagnement des jeunes talents, reste dans la continuité de la revue de Paulhan. Il partage avec ce dernier, comme avec Pierre Michon, une prédilection pour un auteur qui sert de mot de passe à beaucoup de lecteurs de La NRF, un chroniqueur avec lequel il ne manque pas d’affinités : le Suisse Cingria, qui fit le succès de la rubrique l’Air du mois, et dont l’insolence et la distance ironique révèlent l’acuité.

Grand amateur de jazz, adepte de la promenade et de la randonnée, cycliste, un temps footballeur, Jacques Réda a imposé depuis plus de quarante ans au premier plan de la création poétique contemporaine sa force équilibrée, son tempo, sa voix. Ses livres nous comblent par la justesse de leur ton, leur bonheur d’écriture constant, par la pudeur, la gravité et l’humour qui s’y rencontrent. L’oeuvre de Réda se veut à l’écoute des moments de passage de la poésie, « plénitude intermittente », qui est pour l’homme « dépossession heureuse », et qui « apprend durement à se tenir auprès de son silence, de sa simplicité ».

Jacques Réda assistera en compagnie de Gérard Macé, Claire Paulhan, Patrick Kéchichian et François Trémolières à la table ronde Mémoire de l’édition du vingtième siècle. L’exemple de la NRF, animée par Alix Tubman-Mary dans le cadre de Bruits de Langues 2011.

Jeudi, 20 octobre

15h30

Amphi 3

UFR lettres et langues

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Jacques Réda - NRF
Publié le: 8 octobre 2011
- Dans la rubrique: Dossiers
 
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